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Si peu la fin du monde

Laure Pfeffer

Auteur principal : Pfeffer, Laure, AuteurLangue : français.Pays : France.Publication : Paris : Buchet Chastel, 2019Description : 1 vol. (329 p.) ; 18 x 14 cmISBN : 978-2-283-03230-5.EAN : 9782283032305.Collection : Qui viveDewey : 843.92Résumé : L'année 1999, suspendue à la menace du bug de l'an 2000, est une étrange période de transition pour Olga, Jules et Alex, qui passent dans l'âge adulte. Solitaires mais liés, ils trompent leur angoisse dans les paradis artificiels et les fêtes, à la recherche de sentiments authentiques. Premier roman. ­Electre 2019
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Littérature
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L'année 1999, suspendue à la menace du bug de l'an 2000, est une étrange période de transition pour Olga, Jules et Alex, qui passent dans l'âge adulte. Solitaires mais liés, ils trompent leur angoisse dans les paradis artificiels et les fêtes, à la recherche de sentiments authentiques. Premier roman. ­Electre 2019

9782283032305

Commentaire de Jean-Marie S.
20/06/2019

J’ai lu dernièrement si peu la fin du monde, écrit par Laure Pfeffer, une Strasbourgeoise née en 1980. C’est la lecture d’une recension dans Le Figaro qui m’avait amené à suggérer son achat par la bibliothèque de Nîmes — que je remercie pour avoir retenu ma suggestion.

Cette chronique d’une jeunesse strasbourgeoise agite beaucoup de souvenirs et leur donne de nouvelles couleurs, à la fois identiques et différentes de celles de la ville que j’ai connue, d’abord comme étudiant pendant les années 70 puis comme adulte dans les années 80 et 90. Les couleurs du Strasbourg de Laure Pfeffer sont pâles et délavées comme celle de l’aube où meurent les nuits blanches de la jeunesse.

Ce roman remettra sans doute en mémoire à ses lecteurs celui que Nicolas Mathieu a publié récemment sous le titre Leurs Enfants après eux. Quoiqu’écrits dans des styles et se déroulant dans des lieux et des milieux sociaux différents, ces deux beaux livres ont comme un air de famille. Mais si Nicolas Mathieu met en évidence les logiques économique, politique et sociologique du destin de ses personnages, Laure Pfeffer explore davantage leur subjectivité et, surtout, la façon à la fois subtile et brutale dont leurs relations se et les transforment.

si peu la fin du monde est un roman. C’est indiqué sur la première de couverture, mais d’une façon si discrète que je ne l’ai pas immédiatement remarqué. Cette mention n’est d’ailleurs pas reprise aux pages trois et cinq, comme si l’éditeur – ou l’auteur – hésitait à user de cette dénomination. De fait, les cinq lettres du mot « roman » se cachent, en caractères très fins, dans une ligne noire tirée à l’horizontal sous le titre.

La couverture est aussi structurée par une seconde ligne noire, verticale celle-là, à gauche du titre et deux lignes jaunes qui donnent à la couverture une allure allemande : on dirait le Signalgelb ou le Rapsgelb du nuancier RAL ; associé au noir, il ne manque plus que le rouge pour retrouver les couleurs noir-rouge-or du drapeau de la BRD ! En contemplant cette couverture, avec ses couleurs et son style graphique à la Mondrian, j’ai repensé à cette notation si juste de Laure Pfeffer, dont un des personnages explique que « à Kehl, tout est pareil qu’à Strasbourg, sauf que tout est différent », notation qui reflète très exactement l’impression que j’en ai toujours eu, et qui n’est pas sans importance pour la compréhension de ce qui est en jeu dans ce livre. Car pour les trois jeunes gens dont le lecteur suit le devenir, tout est pareil et tout est différent, familier et étranger, rassurant et angoissant. En résumé : la jeunesse ou l’ambiguïté au risque de la confusion, confusion dans laquelle tombera un des trois personnages principaux.

Sur la couverture, le titre ne fait apparaître aucune majuscule. En pages trois et cinq, il est repris, mais cette fois-ci, entièrement en majuscules, ce qui revient à peu près au même. J’y ai vu une énigme à résoudre, imaginant que l’éditeur nous avertissait, par son irrespect des habitudes typographiques et l’absence d’initiale capitalisée, que si l’an 2000 n’était pas une fin, il n’était pas non plus un commencement. De même que le douloureux passage de l’enfance à l’âge adulte qu’endurent les personnages du roman n’achève ni inaugure quoique ce soit, rien ne finit ni ne commence jamais « vraiment », et la tabula rasa est une idée folle. J’ai continué à faire de la roue libre sur ce thème avant de m’apercevoir que ce même style de typo était utilisé pour tous les titres publiés dans cette collection. Trivial atterrissage !

En cherchant une œuvre de Mondrian qui puisse avoir inspiré le créateur du graphisme, j’ai trouvé celle-ci : Composition avec noir, blanc, jaune et rouge, entre 1939 et 1942, huile sur toile, 79,6 × 74,2 cm. The Phillips Collection, Washington, DC, États-Unis d’Amérique.

Bonne lecture !

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